François Fillon inaugure un temple au Cambodge reconstruit par la France

Texte retiré du site d’Article Claire.

[01.07.11]

SIEM REAP (CAMBODGE) – Après 16 ans de travail, un temple ancien reprend vie au Cambodge, grâce à un puzzle 3D géant. Reconstruit à partir de 300 000 blocs de grès dispersés dans la jungle, le temple de Baphuon est inauguré dimanche 3 juillet 2011 par le roi du Cambodge Norodom Sihamoni et le premier ministre français François Fillon et ouvre au public à partir de la semaine suivante.
Le chef-d’oeuvre de l’art khmer est l’un des trois plus importants édifices du site d’Angkor, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il se compose d’une pyramide de 35 mètres de hauteur répartie sur trois niveaux, 130 mètres de long et 104 mètres de large. Sa monumentalité et ses bas-reliefs racontant l’épopée mythologique du dieu hindou Rama en font un monument emblématique pour le pays.

Les archéologues français de l’Ecole française d’Extrême-Orient (EFEO) ont tenté pendant 100 ans de sauver ce temple (construit en 1060) de la ruine : gorgé d’eau chaque année par les cinq mois de mousson, ce massif aux parois et soubassements sous-dimensionnés se fissurait et était très fragilisé. En 1943, l’effondrement du quart nord-est de l’édifice est déterminant pour Henri Marchal, le conservateur de l’époque. Le temple de Baphuong est démonté dans les années 1960 par les archéologues français l’EFEO pour empêcher qu’il ne continue de s’effondrer.

La reconstruction commence mais est rapidement interrompue par la guerre civile qui commence au début des années 1970. Les documents permettant l’assemblage du temple sont détruits par le régime khmer rouge. L’archivage graphique, le système de numérotation, et les relevés de façades disparaissent. Le projet ne reprend qu’en 1995, lorsque la zone est à nouveau sécurisée, sous l’égide de Pascal Royère architecte à EFEO. La reconstruction est financée par la France.

Les archéologues ont dû construire un véritable puzzle en 3D en se basant sur des photos d’archives, des dessins et des souvenirs. Pascal Royère rassemble trente anciens, charpentiers, maçons, tailleurs de pierre, qui ont travaillé avec l’archéologue responsable du démontage et gardent la mémoire du monument. Dont Ieng Taè, « un paysan, un type très doué, calme, discret, méthodique », qui devient son second. Chaque bloc a été mesuré, pesé et à nouveau répertorié pour être assemblé. Sept ans sont nécessaires pour terminer l’inventaire des éléments du temple. A partir de 2003-2004, le temple est remonté.

Le coût de la rénovation s’élève à 10 millions d’euros, le chantier a mobilisé 300 Cambodgiens alors qu’ils n’étaient que 60 au début.

Les touristes se pressent déjà sur la passerelle de bois surélevée qui mène au temple, impressionnés par l’histoire du temple.

En savoir plus: http://www.artclair.com/site/archives/docs_article/86831/francois-fillon-inaugure-un-temple-au-cambodge-reconstruit-par-la-france.php

1 Comment

  1. August 4, 2013 at 6:47 pm

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